Nhạc sĩ: Astor Piazzolla | Lời: Pierre Philippe
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Qui crie ?
Personne, juste un cri
Dans la nuit,
vers le soir, au matin
Ce n'est rien,
rien,
rien
Ce n'est qu'un cri,
rien qu'une turbulence Un de ces
pauvres cris dont est fait le silence
Cries des locomotives sur la courbe du rail Et cris du chat en route,
gratant au soupirail
Cries des fleurs que tu cueilles,
de l'herbe que tu foules
Crie sous nos pas aveugles, de minuscules foules
Qui crie ?
Personne,
presque personne C'est un homme ou un chien,
c'est personne
Presque rien,
rien,
rien
C'est tout juste une femme hurlant entre ses gosses
Devant son homme à terre,
qu'on frappe à coups de crosse
Le rêve d'un tigre triste dans le cirque d'hiver
Réveillant le boulevard des filles du calvaire
La vieille qu'un mort veut suivre et qui soudain attaque
Lui volant sa pension, en lui fauchant son sac
La fille en plein midi, criant qu'on la torture
Et sa phalante obscène au milieu des voitures
La joie des gens massés qui rient et applaudissent
Le bouquet crépitant du grand feu d'artifice Et
la terreur de ceux qui trébuchent et qui tombent
En croisant leurs bras nus pour conjurer les bombes
Qui crie ?
Personne,
ferme ta porte,
ferme ton coeur Tes oreilles,
fais le mort,
ne fais
rien, rien,
rien
T'es ta raison qui gène et te rappelle à l'ordre
Laisse l'enfant crier, laisse le chien le mordre
N'écoute pas la belle de la viande qui souffre
Ni même celui des âmes basculant vers les gouffres
Le cri des abattoirs où coule un sang concret
Ou celui de ces peuples liquides et surdécrets
Le cri des aliénés entre les murs de briques
Le cri des morts ribands et celui des ludviques
Le bêlement innocent de la chair nue qu'on
frappe Et de celle plus perverse qui fut pour qu'on
l'attrape Le cri que contrefait l'arc du dain sur sa
couche Et le cri de Jésus,
le vinaigre à la bouche
Celui du moine vierge dont soudain la foi cède
Qui tout en l'insultant demande à Dieu son aide
Celui de l'enfermé à vie dans sa cellule
Qui sur un nom gravé dans le plat réjacule
Crie de rage impuissant ou crie métaphysique
Le cri qu'un musicien a mis dans sa musique
Ou celui qu'Edouard Munch a peint comme Andy Vague
Ce cri qu'on n'entend pas sous le grand filet vague
Le cri muet du chercheur quand le submerge l'onde
Ou celui d'évident, l'un des mystères du monde
Et moi, mon bel amour, qui vois ton sens épandre
La lame dans ma main,
écrit sans rien comprendre Écrit sans rien comprendre