Avec une bêche à l'épaule,
Avec à la lèvre un doux chant,
Avec à la lèvre un doux chant,
Avec à l'âme un grand courage,
Il s'en allait trimer au chant.
Pauvre Martin,
pauvre misère,
Creuse la terre, creuse le temps.
Pour gagner le pain de sa vie,
De l'aurore jusqu'au couchant,
De l'aurore jusqu'au couchant,
Il s'en allait
bêcher
la terre,
En tous les lieux, par tous les temps.
Sans laisser voir sur son visage Ni l'air jaloux,
ni l'air méchant,
Il retournait le chant des autres,
Toujours bêchant,
toujours bêchant.
Pauvre Martin,
pauvre misère,
Creuse la terre,
creuse le temps.
Et quand la mort lui a fait
signe De labourer son dernier chant,
De
labourer son dernier chant,
Il creusa lui-même
sa tombe,
En faisant vite, en se cachant.
Pauvre Martin,
pauvre misère, Creuse la terre,
creuse le temps.
Il creusa lui-même
sa tombe,
En faisant vite,
en se cachant.
En faisant vite, en se cachant.
Il s'y est tendu sans rien dire, Pour ne pas
déranger
les gens.
Pauvre Martin,
pauvre misère,
Dors sous la terre,
dors sous le temps.