Nhạc sĩ: Astor Piazzolla | Lời: Pierre Philippe
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Je me souviens d'un temps d'avant,
celui des pleurs,
du temps des nuits trop courtes et du temps des banquets.
Un temps comme un jardin,
un temps comme un bouquet,
de moi qui te portais comme on porte des fleurs.
Tu t'en plaignais parfois,
***ant que rien n'est clos,
vraiment si loin de là où
restent les racines.
Puis tu ***ais,
pardon,
bah moi je vaticine et plongeais en riant dans notre vase clos.
En ce temps-là,
j'aurais voulu être un poète et comme
Apollinaire chantait tes yeux lilas,
mais comme il était court le temps en ce temps-là,
je t'aimais c'était tout et n'avais
pas la tête à convoquer la muse et ses alexandrins,
à compter sur les doigts, à
signoler la rime.
Que veux-tu je t'aimais,
ce n'est pas un grand crime.
Et la césure
c'était le sillon de terrain,
c'était avant le temps des regrets et des pleurs,
le temps
des fleurs.
Au
chevet de ton lit, un grand bouquet se fane,
toi aussi tu te fanes et t'en vas vers l'oubli.
Je veux rien qu'un instant m'étendre sur ton
lit et composer pour toi un cantique profane.
A l'aide de ces fleurs et dresser le blason de ton corps trop aimé,
et bien suivre le thème.
Commencer par le haut et par le chrysanthème de tes cheveux,
couleur de belle arrière-saison.
Descendre sur ton front que nul souci ne plisse,
m'arrêter à laer des soucis de ruzera,
à tes styles cannibales comme ceux des droséra,
et ne pas comparer l'œil au volubilis.
Non,
parler d'ampelie,
parler de fleurs de teint,
de bleu qui vire au gris de couleur
interdite,
de ce mauve morbide qu'on voit au clématite,
embrasser dans tes yeux l'horizon
incertain,
couleur d'avant,
le temps des regrets et des pleurs,
le temps
des pleurs.
Et ne pas oublier au pli de ton oreille le
velours des pensées qui t'agitent beaucoup,
le pétale d'iris blanc qui palpite à ton cou
quand la colère te prend et te désappareille.
Ces colères qui brouillaient nos cartes étais-tres,
comme soudain l'orage sur les folles avoines
faisaient bouillir aussi le sang de la pivoine
qu'à ta lèvre mordu de rage se montrait.
Tu vois,
je pense à toi et voilà qu'elle affleure,
la nappe de ton sang inondant coquelicots,
les rouges de ton corps me répondant en écho,
me criant le mot sang quand je *** le mot fleur.
Rouge,
coeur du narcisse dont ton ventre est doté,
rouge la toise en or, rouge le chemin de laine,
rouge jeuillet respirant qui enchantait
Verlaine et le rouge infini de ton sexe à côté.
La passion s'est noyée de regrets et de pleurs,
noyées de pleurs.
J'ai tranché dans ta vie ainsi que dans des tiges,
j'ai mal noué tes branches que j'avais
écorchées et j'ai bu l'eau du bas et tes fleurs ont séché.
Je regarde ta mort et suis pris de
vertige,
le corps que j'ai tenu, la chair qui me tenta,
comme ces fleurs fanées iront donc aux
ordures après quelques prières et quelques procédures.
Moi je n'aime plus rien que les
fleurs de taffeta,
je veux les lits sans perles,
je veux les feuilles mortes,
les roses de plastique,
les arômes en fer blanc et me persuader
que cueillant ces faux semblants,
le langage des
fleurs est une langue morte.
Allez-bas,
je me tais,
j'ai peur que tu souris de ma chanson plus triste
qu'un matin de décembre.
Je vais jeter la gerbe et chasser de
ta chambre comme chantait Damia l'odeur
des fleurs pourries.