Fini l'eau dans les poumons,
fini les cris silencieux,
fini le cœur qui tape contre les côtes,
le tambour du dedans.
Fini les hésitations,
fini les mots que l'on tait,
fini le sang d'encre qui coule sur les pages et ne s'arrête jamais.
Fini les montagnes trop hautes,
fini les insultes trop lourdes,
fini le poids qui pèse sur les épaules,
la peur et puis les doutes.
Fini les lignes immobiles,
fini les semelles de plomb,
fini de se cacher d'envers d'un homme ou celle d'une maison.
Entends-tu,
entends-tu,
on a une voix,
on a une voix,
on a une voix.
Fini la loi du silence,
fini les bleus et les coups,
fini les points qui tapent contre les corps,
le tambour des hommes fous.
Fini les regards de haut,
fini les mots qui nous couchent,
fini les probabilités qui effraient et piquent la bouche.
Entends-tu,
entends-tu,
on a une voix,
on a une voix, on a une voix.
Fini les ronces qui nous dévorent,
fini les chaînes qui nous retiennent,
fini les ombres qui planent sur le décor,
la peur et puis la haine.
Fini tous les murs invisibles,
fini les plafonds de berrées,
fini d'empêcher les petites filles de devenir ce qu'elles ont rêvé.
Entends-tu,
entends-tu,
on a une voix, on a une voix.
On a une voix,
on a une voix.
Entends-tu,
entends-tu,
on a une voix, on a une voix.
On a une voix,
on a une voix.