Je pense à toi, Simone,
Petit castor, petite toi
Tu marches toute seule
Sur les routes de France
Les pieds meurtris, le cœur lourd
L'esprit en transe
Tu ne sais pas, tu avances
Tu ouvres la voie
Je pense à toi, Simone,
Ministre, députée
Je pense à ta voix seule au cœur
De l'assemblée des hommes
Venus du très fond de toi
On a l'impression qu'elle tonne
Avec un frisson de voix qui pourtant résonne
Merci à vous les Simones, mes filles de Simone
Les madones,
les vagabondes,
celles qu'on suit,
qu'on abandonne
Celles qu'on lit,
qu'on baïonne
Je pense à la petite fille décidée,
obstinée À l'amoureuse bafouée,
la chercheuse désavouée
Je pense à tout ce que t'as subi Je pense à toi seule en ton lit
Je pense au prix que t'as coûté,
ta liberté
Je pense aux perles claires et aux yeux fiers
Au courage,
à l'envergure,
à cette petite stature
Au milieu de tout le père,
on veut te faire taire
Tu parleras,
c'est sûr,
à nous le choix d'être mère
Merci à vous les Simones, mes filles de Simone
Les madones,
les sauvages jeunes,
ceux qui luttent,
ces promonnes qui résistent
Comme personne
Je pense à tes aimées,
seule à ta fidélité Tes mandarins,
tes journaux,
tes livres m'ont
éduqué Mais c'est ta vérité, ton sexe bafoué
Ta souffrance, tes errances qui m'ont guidée
Je pense à ton éducation,
à tes convictions C'est au nom des femmes et de leur liberté
Pour celles que tu haines,
la clandestinité Que tu as tenue bon,
admiration
Merci à vous les Simones,
et les filles de Simone Les garçons,
les matrones,
celles qui pensent,
qui raisonnent,
celles qui créent
qui ardonnent
Merci à vous les Simones, et les filles de
Simone Les drônes,
les champions,
celles qu'on reste
bourbones, de cochon ou de conne
Merci à vous les Simones, et les filles de
Simone Les daronnes,
et les gnouillannes,
les lianes,
les championnes,
les dragones,
les patronnes
Merci à vous les Simones,
et les filles de Simone Je pense à un monde sans vous,
je souffle et je frissonne
Merci pour tout,
Simone