Les peaux rouges sont trois vieux,
Gontran, Pascal et Mathieu,
Qui ont quatre-vingt-dix ans.
Mathieu, Pascal et Gontran,
Quand leurs vieilles ont le dos tourné,
Vite ils s'en vont au café.
Et vas-y donc que j'te boive,
Toujours tous les trois.
La bouteille au milieu,
On trinque et l'on babille,
Quelle est belle la vie,
Sitôt qu'on en voit deux.
Les économies s'en vont,
Mais le p'tit vin est si bon,
Les peaux rouges sont trois vieux,
Gontran,
Pascal et Mathieu.
Tout droit,
Dieu soit béni,
Possèdent encore leurs femmes,
Et quand tombe la nuit,
Chacune mordant l'âme,
Cherche de tous côtés son époux dans la rue,
Qui dans un coin planqué Traque une fois de plus.
Les peaux rouges sont trois vieux,
Gontran,
Pascal et Mathieu,
Qui ont quatre-vingt-dix ans.
Mathieu, Pascal et Gontran.
Quoique toujours copains,
Pascal est royaliste,
Gontran républicain,
Mathieu bonapartiste,
Les peaux rouges s'amirent,
racontent leurs exploits.
Ce croix du même avis,
étant sourd tous les trois,
Les peaux rouges sont trois vieux,
Gontran, Pascal et Mathieu,
Qui ont quatre-vingt-dix ans.
Mathieu, Pascal et Gontran.
Quand l'un d'eux partira,
Les deux autres peaux rouges émus,
Ça se conçoit devant un pot de rouge,
Diront,
ce petit gars,
il est parti trop tôt.
Mais ne trouves-tu pas qu'il buvait un peu trop ?
Les peaux rouges sont trois vieux,
Gontran,
Pascal et Mathieu,
Qui ont quatre-vingt-dix ans.
Mathieu, Pascal et Gontran.
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