En les bas quartiers de l'Utesse,
Il est des gueux qui vont voulant
Le pavé d'un pas chancelant,
Le front sain d'un air indolent,
Contrastant avec leur détresse.
Ce sont des doux, des résignés,
Armis les vaincus de la vie,
Par le destin,
l'âme asservie,
Ils poursuivent ce vrai d'envie.
Les jours qui leur sont assignés,
Les résignés,
Indifférents à toute chose,
Ne tendant même pas la main,
Ils vont sans souci de demain,
Comme si le désert humain
S'aîlait des oasis de rose.
Par l'abrutissement gagné,
Ils subissent, reversent et vissent,
Hontes,
affrontes,
peines et supplices,
Toutes les pires injustices,
Sans moindre ment être indignés.
Les résignés,
Pauvres gens au cerveau débile,
Aux appétits neutralisés,
Sous l'œil froid et civilisé,
Reposez vos membres brisés Sur le pavé de la grand-ville,
L'instant que seront alignés,
Comme d'un fécond de semail,
De grands mots creux sur nos murailles,
Vous ne serez en nos batailles,
Que d'immuables dédaignés,
Ô résignés !
Mais qu'en être alors, hors blondes,
Du jour où, lassés d'avoir faim,
Vous revendiquerez enfin Votre juste part au butin
Des plaisirs et splendeurs du monde !
Par les révoltes empoignées,
Vous frapperez en vos colères,
Tous les fauteurs de vos misères,
Et courtiserez les chimères Dont vos esprits sont imprégnés,
Ô résignés !
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