J'entends la porte claquer comme tous les soirs,
je dors pas,
c'est deux heures et
quart,
qu'est-ce que ce gosse peut faire dehors si tard ?
J'aurais jamais cru angoisser
comme ça,
lui parler je crois pas,
il a la tête dure comme ça,
repas tendu depuis
un an il me nargue,
faisant preuve d'intolérance gratuite,
bêtement il se marque quand les
sujets débordent,
et la discussion devient âpre,
autour de nous les visages ferment
quand les mots tapent,
rebondissent sur les murs de l'incompréhension vivement,
après
j'ai de la croix de vie d'un gosse qui a grandi trop rapidement,
comme ces mégots
cartonnés que je trouve des fois,
l'odeur sur les pluies,
les troupes brûlures sur
le survêtement,
je réagis sèchement,
lui il semble s'en foutre,
et ses potes viennent
me chercher,
musique à fond,
dans le doute je regarde par la fenêtre,
ils n'ont pas
l'air très futes-futes,
mais les autres parents doivent dire la même chose,
mon
fils brut,
hier j'ai appris qu'il dormait à l'arrière du bus,
tous les matins au
lieu d'aller en cours de terminus,
en terminus,
qu'est-ce qu'il va faire,
l'avenir foutu
en l'air au juste,
se lever,
après qu'on se couche,
regarder Canal Plus,
c'est pas
la vie,
envie de le serrer dans mes bras,
lui dire combien je l'aime,
dire combien il
compte pour moi,
chacun de ses regards un coup de couteau dans le foie,
mais c'est mon
fils,
rien ni personne ne me l'enlèvera,
terminable,
regarde lui,
bac,
terminale,
toi
t'es juste connu d'la bac et de leur terminal,
c'est les mêmes remas,
ça se voit qu'il marche
pas dans mes Air Max,
il flippe parce que je resserre le masque,
terminable,
regarde lui,
bac,
terminale,
toi t'es juste connu d'la bac et de leur terminal,
c'est les mêmes remas,
ça se voit qu'il marche pas dans mes Air Max,
il flippe parce que je resserre le masque.
Jeudi 11h,
les gendarmes sont venus le chercher,
il était pas là,
tu penses en plein été
je le vois même pas,
j'espère qu'il vole pas,
il a toujours eu le nécessaire mais
je sais c'est une génération de superflux,
vie superfloue,
je m'arrêterai pas d'aller
le voir à l'hôpital,
mi-mort,
allongé,
sous perfus,
mensonge ***,
c'est sous perfuge,
il a bien fallu que je m'habitue,
inquiétude au quotidien,
ville solitude,
faisant appel
à Dieu et sa mensonitude,
fait qu'il lève la tête et finit ses études,
au lieu de
ça,
j'ai trouvé des cotons,
un bubé de sang,
flacon d'alcool,
des pansements et
le bordel dans les rangements,
l'adulte en parlait de blessés graves,
je n'écoutais
même plus qu'il aille au jab,
les lords se faire foutre lui et son rap,
tant de moments
de rédemption,
un prie à genoux,
j'ai compris que l'heure était venue de payer,
tempête
dans un sablier,
aujourd'hui le temps m'échappe,
même dans mes souvenirs,
les belles années
d'enfance du petit se charrent,
et qu'est-ce qu'il me reste ?
douleur et souci, attendre
patiemment que la mort frappe avec sa proscie,
ses pararis ont vite le serrer dans mes bras,
lui dire combien je l'aime,
dire combien il compte pour moi,
chacun de ses regards un
coup de couteau dans le foie,
mais c'est mon fils et rien ni personne ne l'enlèvera,
entends personne ne le lus le dire.