Ennuyée
La tête bien glacée, les seins blancs de Fatima
Bouzebire, en 1923
Voilà des boudins
Ennuyeuse comme la pluie
La sonate déroulait
Ses accords s'étriolaient
Et ses trémolos mollaient
Sous les doigts de Virginie
La maman se disait tout bas
Ma fille est un fameux poison
Un caractère de cochon
Tout le portrait de son papa
Et la maman se disait tout bas
Et je plains ce pauvre Jean-Louis
Qui sera mon gendre demain
Dommage car il est gentil
Si j'avais vingt ans de moins
Et même sans avoir vingt ans de moins
Ennuyeuse comme la pluie
La sonate déroulait
Ses accords s'étriolaient
Et ses trémolos mollaient
Sous les doigts de Virginie
Pourtant ni pervers ni roué
Jean-Louis pensait au fond de lui
Pourvu qu'elle soit
Plus douée pour l'amour
Que pour le piano
Il avait rompu ce matin
Avec sa maîtresse Lily
Et pour oublier son chagrin
Mentalement comptait la dot
Voyant 14 millions à 10,5%
Puisque la voiture et l'appartement
D'état de petites rigoles
Ennuyeuse comme la pluie
La sonate déroulait
Ses accords s'étriolaient
Et ses trémolos mollaient
Sous les doigts de Virginie
Ah, soupirait tante Amélie
Quand j'entends ça, je suis sans force
Si seulement j'avais *** oui
Ce printemps 1914
Mais pour un tango refusé
Un archiduc qu'on assassine
Me voilà 50 ans après
Pucelle comme à l'origine
Mau*** sois-tu, s'arrachez-vous
Emmerdante comme la pluie
La sonate s'imposait
S'étalait, s'éternisait
Et tout le monde pensait vivement
Qu'elle soit finie
Qu'on se rue sur le buffet
Sur les petits fours, sur les parfaits
Les champagnes, le whisky, les gâteaux
Et tout ce qui, très bientôt, sera offert
Aux malheureux qui ont souffert
Sous les doigts de Virginie
Ah, bravo, extraordinaire
Très bien, bravo, mon petit chou
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