Ne serait-ce qu
'une fois hélas,
Ne serait-ce qu'un instant fugace,
Les mains sales,
les ongles pleins de grâce,
Aurais-je su toucher la grâce ?
Ne serait-ce même
qu'en surface,
Avec le bout de la godasse,
Comme on pousse une vieille carcasse,
Aurais-je su toucher la grâce ?
Aurais-je su toucher les gens,
Autant que ceux
qui m'ont touché ?
Aurais-je sans l'avoir cherché,
Parlé devant parlant de moi ?
Aurais-je su toucher les gens,
Autant que ceux qui m'ont touché ?
Trouver la part d'humanité,
Qu'on a tous indifféremment.
Ne serait-ce que de guerlasses,
Sans ne plus y croire des masses,
Tabassés par la vie qui tabasse,
Aurais-je su fondre la glace ?
Trouver une voie dans les congères,
Jusqu'au cœur de mes congénères,
Avant que je tombe en disgrâce,
Aurais-je effleuré cette grâce ?
Aurais-je su toucher les gens,
Autant que ceux qui m'ont touché ?
Aurais-je sans l'avoir cherché,
Parlé devant parlant de moi ?
Aurais-je su toucher les gens,
Autant que ceux qui m'ont touché ?
Trouver la part d'humanité,
Qu'on a tous indifféremment.