Nhạc sĩ: Vincent Delerm | Lời: Vincent Delerm
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Tout tard présente,
un village en hiver,
une enfance,
une chambre,
un poster,
les phares des voitures sur le papier peint dans
la nuit à 5h comme un tableau d'Edward Hopper,
la neige,
le décor,
et personne autour de toi encore.
Tu attends quelqu'un,
les autres personnages vont venir un
par un et tu reconnaîtras leurs visages.
Soir après soir,
nuit après nuit,
tu écriras leur nom par ordre d'apparition dans ta vie.
Tout tard présente,
un album avec des ombres loin,
des corps émouvants,
des silhouettes,
Dominique et Alain,
des amis des parents marchant sur la splanade à Dieppe,
un soir d'été, de la
famille dans la banlieue d'Agin,
tes cousines éloignées et leurs cheveux uruguayens,
toutes
celles et ceux que tu as pu croiser ou presque,
la fresque.
Alors tu écriras leur nom par ordre d'apparition dans ta vie,
les rôles principaux et les figurants aussi,
parfois juste un instant seulement se croiser dans la cour,
parfois l'appartement parler jusqu'au lever du jour,
sur les pelouses de campus VR fluorescentes,
dans les soirées et sur les moquettes étudiantes,
autour de toi, 300 personnes dans un amphi,
pour un cours sur la solitude de Madame Bovary.
Tout tard présente,
un album avec un garçon réveillé près d'une fille bouleversante,
un matin,
comme si Andy Mcdowell,
comme si Hugh Grant,
cherchait longtemps dans la ville
un vrai amour de cinéma,
une amoureuse indienne,
une averse dans la rue Beffroy,
toutes les
histoires que tu as espérées ou presque,
la fresque.
Et tu reconnaîtras peu à peu ceux qui te ressemblent,
les Jarvis Cocker,
les garçons qui tremblent.
Tu verras Greg un jour dans un lit d'hôpital,
les larmes de Manu la mise sentimentale.
Et comme à la fin de ce film italien,
tu vois les personnages se regarder une dernière
fois,
un jour,
chacun repartira en solitaire ou s
'envolera comme Thelma et Louise dans
mes airs.
Tout tard présente,
un album avec des fantômes,
des disparitions,
des absences,
quelques sanglots,
des cœurs emportés par la vague immense,
des retrouvailles un soir près des étangs,
une phrase restée gravée depuis longtemps.
Tous les visages que tu as pu aimer ou presque,
la fresque.