Oh je voudrais partir, loin d'ici m'en aller,
Oh je voudrais m'enfuir,
prendre la contre-allée,
Descendre le ruisseau et suivre la rivière,
Dans un dernier sursaut,
retourner boire la mer,
Avec quelques saumons qui sont de mes amis,
Remonter le courant, les torrents de ma vie,
Ne plus être une mouche
collée à la fenêtre,
Devenir cette touche de soleil et renaître,
Quelque part à Alger,
sous l'ardente lumière,
A l'ombre d'un figuier et embrasser ta mère.
Oh je voudrais partir,
loin d'ici m'en aller,
Oh je voudrais m'enfuir,
prendre la contre-allée,
Mon fils foutre le camp,
mon fils mettre les bourgues,
De ce chaudron du temps
où ma vie se découle,
Avant qu'on ne résolve,
à coups de bistouri,
L'énigme de ma vie, il faut que je m'envole,
Vole, vole, voler, en cocotte en papier,
Vole, vole, voler, et partir en fumée,
Voler dans le mystère, éclatant de la vie,
Voler nu comme un ver,
vers le jour qui s'enfuit.
Tu sais ma vie fut belle,
parce que c'était nous trois,
Et que sans toi,
sans elle,
souvent j'aurais eu froid,
Ne pleure pas mon fils,
mon amour sur la terre,
Ne pleure pas mon fils,
je vais revoir ta mère,
Quelque part à Alger,
sous l'ardente lumière,
A l'ombre d'un figuier, j'embrasserai ta mère,
Je voudrais partir, loin d'ici mon allée,
Je voudrais partir,
prendre la contre-allée,