Dans le charivari du monde,
à chaque seconde chasser les ombres,
dans le chapeau du magicien,
un tour de passe passe enfantin.
Peupler les grands de solitude,
et même si l'hiver est rude,
mettre la peur à genoux,
arborer l'amour à son coup.
Toute la beauté du monde,
à chaque heure, chaque seconde,
dans l'ascension d'un soleil,
qui nous tire d'un long sommeil.
Toute la beauté du monde,
à chaque minute, chaque seconde,
le ventre rond,
la joue rosie,
savourer la joie d'être en vie.
Faites
qu'à cette seconde,
pénètre la beauté du monde.
Faites qu
'à cette seconde,
s'arrête le chagrin du monde.
Dans la charmade d'un baiser,
dans les serments de l'amitié,
quand l'armée retombe,
toute la beauté du monde.
Dans la boisson et dans l'igresse,
quand les digues enfin s'affaissent,
quand les barrières s'effondrent,
toute la beauté du monde.
Dans l'abandon,
le lâcher prise,
après l'effort,
après la crise,
après l'orage qui gronde,
toute la beauté du monde.
Après l'aveu de faiblesse,
et ce qui heurte et ce qui blesse,
dans le sursaut d'une seconde,
toute la beauté du monde.
Faites qu'à cette seconde,
pénètre la beauté du monde.
Faites
qu'à cette seconde,
s'arrête le chagrin du monde.
Stop.