Elle n'était pas bien grande, on ne savait pas son nom.
On ne savait pas grand-chose d'elle d'ailleurs, sinon qu'elle aimait les fleurs.
Des jaunes, des bleus, des rouges, elle en vendait toutes les couleurs en regardant tourner,
de l'autre côté de la rue, les enfants sur les petits chevaux qu'elle aimait tant.
Souvent en rêve, elle rencontrait un cavalier qui l'enlevait,
qui faisait tourner rien que pour elle, sous la lune, le manège.
Alors pour qu'un jour il vienne en vrai, la petite marchande traversait le boulevard,
et déposait, au sabot de chaque petit cheval, le bois, quelques fleurs en offrande.
La semaine dernière, alors qu'elle le traversait comme chaque jour, ce boulevard,
une voiture à deux chevaux qu'elle n'avait pas vue, qu'il n'avait pas vu,
lui est rentrée dedans, lui est passée dessus, et s'en est même pas aperçue.
Quel dommage !
Aujourd'hui elle repose sous ses fleurs, vu qu'on n'a pas su quoi en faire de ses fleurs.
Et la lune sans rancune attend d'autres amants.
Et la lune sans rancune attend d'autres amants.
Et la lune sans rancune...
On n'a jamais su quoi en faire de ses fleurs.
Ah !
Ah !
Ah !
Ah !
Ah !
Ah !
Ah !
Ha !
Ha !
Ha !
Ha !
Ha !
Ha !
Ha !
Ah !
Ah !
Ha !
Ha !
Ha !
Ha !
Ha !
Ha !