Tu s'en vas, tu se meurs
Tu ne crois plus à notre bonheur
Et tu deviens sans raison ni cause
Nerveuse et morose, rose, rose
Rose, rose, ah oui, je me souviens
J'avais quoi, dix-sept ans, toi, peut-être un peu moins
Quand tu séchais tes cours et venais le matin
Pour m'apporter ton cœur comme un bouton de rose
Rose, rose, amour de mon passé
Quand tu venais me voir dans ma chambre au grenier
Je trouvais que ta peau sentait le foin mouillé
Et quand je t'embrassais, mais ça c'est autre chose
Tu s'en vas, tu se meurs
Tu veux fermer ta porte à mon cœur
J'entends déjà le vent
Qui se lève pour chasser mes rêves
Ève, Ève
Ève, Ève, encore un souvenir
Qui m'a brûlé le cœur avant que de faiblir
J'ai cru devenir fou, j'ai voulu en mourir
Mais le temps guérit tout un jour sans crier gare
Ève, Ève, à mordre follement
Dans le fruit de l'amour, on se brise les dents
Si tu m'as fait du mal, j'ai conservé pourtant
Le souvenir des jours, je crois que je m'égare
Tu s'en vas, tu se meurs
Je sens qu'en moi s'installe la peur
Tu as des âmes bouclées d'avalises
Et je réalise, lise, lise
Lise, lise, où es-tu aujourd'hui
Toi qui mourais le jour pour renaître la nuit
Toi qui marchais pieds nus en rêvant sous la pluie
À bord de la nuit, à bord de la nuit
À bord en le soleil, mais à bord en la neige
Lise, lise, et tes cheveux mouvants
Fantasques inattendus, mi-femme et mi-enfant
Qui tombaient dans mes bras, parfois en sanglotant
Ou en riant très fort, voyant où en étais-je
Tu s'en vas, tu se meurs
Je ne suis plus qu'une ombre en ton cœur
Et je vois bien quand toi tout s'apprête
Pour d'autres conquêtes, quêtes
Quêtes, quêtes, à l'accent que j'aimais
Qui malgré ses efforts, lorsqu'elle s'exprimait
Ne pouvait s'empêcher d'écorcher le français
Qui bien qu'étant anglaise, était pourtant d'argile
Quêtes, quêtes, avait mis le trésor
Et des taches de rouille agrémentaient son corps
Comme si ses parents l'avaient laissé dehors
Trop longtemps sous la pluie, le bonheur est fragile
Tu s'en vas, tu se meurs
Mais le printemps revient en vainqueur
Les bras chargés de rêves et de fleurs
Et c'est chez nos pleurs, et c'est mon au cœur
Ces grains de folie
Ainsi va la vie
Merci